« Comme Neptune de son trident apaise les flots en courroux »

Citation extraite de Fénelon, Les Aventures de Télémaque

Vous l’aurez peut-être remarqué, je suis plutôt adepte des romans noirs, policiers, thrillers. Et pourtant, je n’avais jamais lu Fred Vargas. Une erreur que ce confinement m’a permis de corriger. Sur les bons conseils de ma belle-mère, fidèle lectrice de Vargas, j’ai lu Sous les vents de Neptune. Pas le premier donc mais une belle entrée en matière pour découvrir l’auteure et son commissaire Adamsberg. Très convaincant.

Tout commence, lorsqu’Adamsberg, lors d’une journée somme toute banale, ressent à plusieurs reprises de forts vertiges et des douleurs qui le clouent sur place. Comme un mal invisible qui gangrène son intérieur. Force est de constater que le Commissaire a un flair infaillible : ce n’est pas une maladie mais une alerte que son corps lui transmet. Après avoir mis bout à bout plusieurs éléments de sa journée (un article dans un journal, une découpe de viande avec une broche à 3 dents, un tableau de Neptune avec son trident…), Adamsberg comprend : le tueur en série qu’il traque depuis ses 18 ans a refait surface. A partir de là, c’est une course contre le passé, les faux-semblants et une lutte acharnée pour prouver son innocence, sa clarté d’esprit (et non sa folie) et dévoiler toute la vérité.

Le rythme est saccadé, les chapitres sont courts et permettent un mouvement permanent entre les personnages, les lieux, les pensées. Cela donne l’impression d’être nous aussi dans l’urgence de l’enquête, dans les moments de doute comme ceux d’excitation face à un nouvel élément-clé. Fred Vargas distille quelques références historiques ou artistiques dans cette histoire, lui donnant une toute autre saveur.

Un grand chapeau particulier pour tout le passage se déroulant au Québec. Pour y avoir été il y a quelques mois, j’ai eu la sensation de retrouver l’ambiance, la sympathie, l’accent des québécois à chaque page. Il n’est pas facile de retranscrire une ambiance d’une autre culture et d’un pays étranger. Pourtant ici, tout y est.

Ce polar nous emmène à la fois en voyage, en nous immergeant totalement dans le dialecte québécois, et dans un road-trip meurtrier à la recherche d’un tueur au trident. Il se lit d’une traite, il donne envie de lire d’autres Fred Vargas et de passer des soirées devant un feu de cheminée à traquer des criminels. Le personnage d’Adamsberg n’est pas totalement un cliché du genre, ce qui fait du bien ! Il a un tempérament difficile, presque impossible à cerner mais est un très bon flic. Son instinct peut le faire partir loin mais le dénouement semble toujours lui réussir. Ses méthodes d’investigation sont proches du néant, il dirige ses enquêtes en suivant le fil de ses pensées et de ses tripes ! Ce qui est aussi appréciable, c’est tous les personnages secondaires qui se révèlent au fur et à mesure, montrant que la fidélité et la loyauté peut prendre différentes formes.

Ni sanglant, ni glauque, ni totalement noir, c’est un très bon polar, comme on les aime. Avec tout ce qu’il faut pour nous tenir en haleine, sans nous rajouter des tonnes de personnages ou de digressions inutiles. Cette première entrée dans le monde Vargasien a été une réussite.

J’ai poursuivi avec L’Homme aux cercles bleus. Léger retour en arrière puisque ce polar est le premier où apparaît Jean-Baptiste Adamsberg, tout juste muté à Paris. On retrouve (ou découvre) avec plaisir ce commissaire aux techniques étranges, voir absurdes parfois. Un brin entêté mais toujours pour de bonnes raisons. On rencontre aussi l’inspecteur Adrien Danglard dont la relation avec le Commissaire est un élément clé pour mener les enquêtes à bien. Le lien unique entre ces deux hommes sera présent dans chacun des polars suivants. Si différents et pourtant si complémentaires, ils sont un duo iconiques et dangereux pour tous les criminels ! L’histoire se déroule ici à Paris et monte en puissance au fil des pages. Un mystérieux homme trace des cercles à la craie bleue et dépose en son centre un objet. Adamserbeg en est sûr, un jour, ce ne sera plus un objet et ce sera beaucoup plus gros. La conclusion de l’enquête montre que la vérité peut être bien cachée mais qu’elle finit toujours par éclater. La révélation du meurtrier tient presque du Hercule Poirot qui provoque des réunions avec tous les protagonistes pour expliquer les détails. Savoureux !

Sous les vents de Neptune, Fred Vargas, éditions Vivianne Harmy, 2004, 346 pages
L’Homme aux cercles bleus, Fred Vargas, éditions Viviane Hamy, 1991, 235 pages

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