« Oh, this is a woman’s world » – Woman par Neneh Cherry à réécouter.

J’ai découvert Camilla Läckberg en 2008 avec La Princesse des glaces, le premier tome des aventures d’Erica Falck. J’ai suivi plutôt assidûment cette série, appréciant cet univers glacial suédois et les meurtres toujours plus sordides. On m’a offert aujourd’hui sa dernière publication, une novella autour de trois portraits de femmes. Un texte court qui ne m’a malheureusement pas fait chavirer…

Ingrid, Victoria et Birgitta ont un point en commun : leurs histoires d’amour ne sont pas le long fleuve tranquille dont elles avaient rêvé. Ingrid a abandonné sa carrière de journaliste au profit de celle de son mari, Victoria a quitté sa Russie natale pour espérer un mariage heureux en Suède – en vain et Birgitta est comme un fantôme aux yeux des hommes de sa maisonnée sauf lorsque son mari la bat…

Trois femmes au cœur douloureux, vivant dans l’horreur, la peur et la colère. Trois femmes qui décident de ne plus se laisser faire. S’organisant dans leur vengeance, la novella s’articule autour de ce tournant de leur vie. Why Women kill ? aurait pu être le titre de cette publication.

Si le sujet est diablement actuel, son traitement est peu original. Les hommes sont représentés dans leur plus simple cliché, ce qui aurait pu être pertinent si le reste de l’histoire était mieux abordé. Ici, tout semble bâclé, fait à la va-vite, une esquisse plutôt qu’une œuvre finale. Certes, la novella est faite pour être courte, incisive, peu détaillée mais donnant tous les indices nécessaires à la création de cette atmosphère noire. Si la novella était une série télévisée, les épisodes ne dépasseraient pas 20 min. Il faut donc être efficace et dire beaucoup en peu de mots. Malheureusement, Camilla Läcberg semble se perdre. Il est plus qu’intéressant de traiter des violences faites aux femmes et de choisir la vengeance comme angle de vue. Il y a beaucoup de titres qui sortent sur le sujet, ne serait-ce que la série télévisée citée plus haut que nous avons pu commencer durant le confinement. Il y a diverses manières d’aborder le sujet, donner un ton comique, cynique, triste, révolté… Tout est esquissé ici : trois profils de femmes et d’hommes différents, des violences qui ne se situent pas au même endroit (infidélité, mensonges, violence physique ou morale…), la nécessité de sortir de cette emprise, de se révolter, de choisir sa vie et ne plus avoir l’impression de la subir. Tout y est, toutes les clés pour monter en puissance sur cette délivrance par la vengeance (forcément ici, vous vous en doutez, meurtrière).  Et pourtant, cette histoire m’a vraiment dérangé par les clichés qu’elle comporte. Bien sûr, ces situations sont dramatiques et si injustement réelles, ne vous méprenez pas sur cette analyse. Mais la lecture est poussive, j’ai eu l’impression de lire un résumé d’une histoire, ses grandes lignes plutôt qu’un exercice de novella réussi. On a envie de plus, de savoir la suite, d’entrer plus dans l’organisation de cette vengeance, on arrive à comprendre en reliant les points mais il manque quelque chose.

Camilla Läckberg m’a toujours tenu en haleine avec son héroïne Erica Falck et ses romans policiers. Elle ne me convainc pas dans cet exercice plus court. Le choix du genre n’a peut-être pas été le bon tout simplement.

Femmes sans merci, Camilla Läckberg, traduit du suédois par Rémi Cassaigne, Actes Sud, juin 2020, 144 pages, 14,90 €
Why Women Kill, série télévisée réalisée par Marc Cherry, USA, depuis août 2019, 1 saison.

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