Une année se termine, une autre commence. Comparé à l’an dernier, je ne fais aucune prévision, aucun plan, aucune résolution. J’envisage plutôt une liste de souhaits : je souhaite pouvoir à nouveau organiser des soirées déguisées avec mon groupe d’amis, je souhaite pouvoir envisager de partir en vacances (et lézarder sur la plage sans dynamisme), je souhaite pouvoir aller au cinéma et tout ce qui va avec. « Pouvoir », « avoir la possibilité », « se donner une chance de ». C’est bien toute la thématique du moment. Sortir, ne pas surveiller l’heure, ne pas compter le nombre de personnes, retrouver une spontanéité de tout instant. C’est tout ce que je nous souhaite pour cette nouvelle année.

En ce moment, pour cette transition de l’an 20 à 21, mes envies de lecture et de films tournent autour de ce sujet : qui suis-je ? Comment m’affranchir de mes limites ? Comment sortir de ma zone de confort ? Le puis-je seulement ? Comment me sentir libre, épanouie, heureuse ? Tous les personnages qui m’accompagnent semblent graviter autour de ces problématiques.

D’abord, avec Mon Territoire et l’histoire de cette héroïne qui semble n’avoir peur de rien. Fille de la terreur locale, Harley est destinée à reprendre les rênes familiales, à invoquer la peur par son simple nom de famille (mais c’est une jeune femme donc la peur est limitée, forcément) et à assurer la prospérité de la famille avec ce savoureux trafic de drogues. Elevée depuis son plus jeune âge pour affronter tous les dangers, elle semble pourtant résister à ce destin tout tracé. Et si elle pouvait faire plus, être plus ? Accepter son passé et son éducation pour mieux s’en libérer, et réussir à tirer quelque chose de positif (ou du moins, dans son contexte, d’un peu plus sain). Enchainant les flashbacks pour montrer toute la violence de son enfance et les dernières heures pour tout changer, ce roman offre un personnage atypique, sans pathos et sans grande surprise mais avec une vision intéressante sur ces moments de vie où les choix ne sont plus imposés mais éclairés par sa propre volonté.

En parallèle, le dernier Pixar Soul sorti très justement pour Noël m’a conquis par la beauté de ses images. Sur un fond de jazz, le héros meurt. Et pourtant, sa vie ne fait que commencer. L’histoire enchaine les rebondissements entre ces deux âmes en peine : l’une qui doit prendre son envol et l’autre un nouveau départ. Le tout tournant autour de cette question essentielle : quelle est ma flamme ? Qu’est-ce-qui me semble si évident et qui ne l’est pas ? Qu’est-ce-qui anime ma vie, me donne une raison de me lever chaque matin et donne un sens à qui je suis ? Ce n’est pas forcément d’être un célèbre pianiste de jazz, ce n’est pas forcément d’exceller dans un métier, un sport, un art… Cela peut être tout simplement d’apprécier chaque instant comme un bon moment. (On y revient, à cette spontanéité !).

Je poursuis avec le dernier titre « sous mon sapin », Un Soupçon de liberté. On continue l’ambiance jazz mais à la Nouvelle-Orléans. Sur trois générations, c’est la société américaine qui se déroule. La ségrégation raciale, l’ouragan Katrina, la crise économique, la pauvreté, le trafic de drogues. Et en parallèle, la difficulté d’être femme dans les années 1940 et d’aimer un homme de moindre richesse, d’élever son enfant lorsque son mari perd son travail et se laisse tomber dans un puit sans fond (et la drogue), de vouloir le meilleur mais d’enchainer les mauvais choix. C’est une fresque familiale, à la fois touchante et complexe. Il y a les histoires pleines d’espoir et celles qui auront besoin de plus que ça pour s’en sortir, les batailles à mener et cette nécessité d’acquérir une force mentale conséquente pour assumer ses choix et se construire son propre bonheur. En filigrane, bien évidemment et c’est ce qui rend l’histoire d’autant plus réelle, d’autant plus dramatique, c’est la politique raciste des Etats-Unis, étalée sur plusieurs années, ciblée sur la Nouvelle-Orléans, ville chargée d’histoire, symbole de nombreuses fractures sociales et pourtant bouillonnante de culture. C’est une destination qui m’a toujours intriguée et ce livre semble mon point de départ pour une année d’aventures littéraires en Louisiane.

Je vous souhaite à toutes et tous mes meilleurs vœux pour cette année que je nous espère remplie de bonnes surprises !

Mon Territoire, Tess Sharpe, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Héloïse Esquié, Pocket, octobre 2020, 8,70 euros.
Soul, réalisé par Pete Docter, produit par Pixar Animation Studios pour Walt Disney Pictures, sortie le 25 décembre 2020.
Un Soupçon de liberté, Margaret Wilkerson Sexton, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Laure Mistral, Actes Sud, septembre 2020, 22,50 euros.

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