J’ai offert ce livre à Noël à une de mes proches amies. Mais il trottait toujours dans ma tête alors j’ai dû le racheter pour le contempler dans ma bibliothèque. Bien au chaud sur son étagère, il m’a nargué quelques jours. Impossible de lire autre chose, tous les livres me tombaient des mains au bout de quelques chapitres. La Vie seule patientant dans son coin, exerçant son pouvoir merveilleux d’attraction. Ne pouvant plus résister, je l’ai dévoré ! Impossible de le quitter avant d’avoir tourné la dernière page. Je ne saurai pas vous décrire précisément cette expérience. J’étais là, sur mon canapé, sous un plaid, Florence + The Machine tournant en boucle doucement, un thé fumant à proximité. Ce genre de moment où le temps n’a plus de prise, comme suspendue dans un rêve, volant à travers les pages et voyant un monde infini se déployer à chaque tournoiement de feuilles.

L’histoire est celle d’une femme tout à fait banale, ni heureuse, ni vraiment triste, vivant sa vie avec platitude et sans excès de joie. Jusqu’au jour où elle rencontre une sorcière et avec elle, un millier de possibilités. Se succèdent de multiples aventures, des rencontres improbables, le tout arrosé d’objets animés et portant des prénoms (chapeau à Harold le balai !).

Je crois, en fait, que c’est simplement une histoire où on apprend qu’il faut laisser entrer un brin de folie pour que sa maison, sa maison intérieure, résonne de mille splendeurs, mille rires, mille rêves. C’est accepter de travailler dans la maison des fées, puis de prendre des potions de bonheur, de rêver d’une maison où on peut vivre seule et découvrir qu’il suffit parfois juste de s’aimer pour commencer à aimer tout le reste. C’est aussi une histoire sur les liens qui nous unissent, les aides surprenantes que l’on peut recevoir. C’est aussi, c’est toujours, une tirade sur la famille et sur toutes nos formes d’illusions. Et en parallèle, c’est le Londres en pleine guerre, c’est une critique finale sur les États-Unis et leur ironique liberté, c’est une histoire tour à tour émouvante et folle, originale et diablement loufoque. C’est une histoire qui inspire et qui me donne envie de danser au coin du feu, de rire avec des gens que j’aime et de me pelotonner contre mon amoureux. Ça me donne envie d’écrire des poèmes et de les réciter en plein milieu d’un champ mais aussi de manger des sandwichs au concombre et de regarder des films de sorcières. C’est ce genre de livre qui vous donne une envie de tout et vous rend profondément joyeux, sans avoir vraiment besoin d’expliquer pourquoi. Il y aurait sûrement un tas de choses à dire, une vraie chronique à faire, des recherches sur l’auteure, sur ce qu’elle a voulu dénoncer et démontrer, aller plus loin dans l’analyse, intensifier mes ressentis… Mais, pour une fois, restons sur ce sentiment de plénitude parfaite où je vois tout un monde imaginaire danser dans ma tête et faire des looping sur des balais. Soyons heureux, soyons vivants, soyons indépendants !

Un très bon livre, oui. Une curiosité littéraire, assurément ! Une première belle pépite en ce début d’année.

La Vie seule, Stella Benson, traduit de l’anglais par Leslie De Bont, Cambourakis éditions, octobre 2020, 208 pages, 10 euros.

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